Chaos domestique
Dans ma cuisine il y a des assiettes sales dans l'évier
De la vaisselle propre sur l'égouttoir , entassée
Des miettes égarées parsèment le dessus de la cuisinière
Des traces de doigts décorent la porte vitrée du frigidaire
Une poubelle de déchets recyclable déborde
Et l'odeur acide de la litière du chat m'incommode
Dans le couloir , dont un seul des murs est peint
Le paillasson se pare de touffes de poils félins
Une plinthe mal fixée attend que je la recolle
Et la trottinette trône au milieu en revenant de l'école
Du linge plié posé sur une commode espère être remarqué
Un de ces jours par ma fille pour dans son placard se ranger
Dans sa chambre, le sèche-cheveu a élu domicile par terre
Tandis qu'au dessus de ses livres, patientent ses haltères
Derrière moi, le chat roupille sur une petite banquette
Après avoir constellé de son pelage toute la housse de couette
Des canettes vides poireautent sur le bureau devant l'ordi
Accompagnées de baguettes en bois et de reliefs de sushis
Dans l'autre chambrée , un grand rangement vient fuste d'être fini
Et toute une armée de playmobils s'est réunie sous le lit
Une pyramide instable de livres agrémente le matelas
Deux ou trois vêtements négligemment déposés en tas
Côtoient un Rubik's cube cassé et des cartes à jouer
Et le mur , en face , d'une mutitude de dessins, est tout décoré
Dans la salle de bain, une ampoule aimerait être remplacée
Des bavures d'eau parsèment le lavabo en verre trempé
Les parois transparentes de la douche ornées de fresques
Regardent le panier de linge à laver qui vers le plafond se dresse
Il y a un pyjama, quelques serviettes , et aucune baignoire
C'est une pièce minuscule , pas plus vaste qu'un placard
Dans le salon, un étendoir fait sécher la dernière lessive
La table s'encombre d'un sac, du courrier, de lunettes et de livres
Le parquet est usé là où on a l'habitude de mettre les pieds
C'est à la fois, une chambre, un bureau, un salon, une salle à manger
Dans un coin, un piano, un énorme ballon de gym et un miroir non fixé
Et devant la fenêtre, prospère un caoutchouc géant et comblé
Sur la terrasse étroite s'épanouit un petit jardin suspendu
Fouilli de verdure où quelques fleurs se sont perdues
Dans un pot surgissent des pousses à la nature indéterminée,
Dans une jardinière, du persil coudoie de la menthe et des fraisiers
Un bambou, un photinia et un jasmin se sont associés pour grandir
Et une misère, grasse et opulente , s'octroie même le luxe de fleurir .
Verdure, soleil, eau, ruelle, la vie ...
