Nuit
Ce soir là, j'étais partie au hasard
Marcher dans les rues, noyer mon cafard
Un peu de pluie , un brin de vent
Et juste assez d'étoiles sous le firmament
Je me suis assise sur un banc
J'ai regardé passer les gens
Des groupes de jeunes qui riaient
Un couple qui, par la main se tenait
Des familles, des enfants, des chiens
Des petits vieux, des amoureux, des humains
Je ne sais pas combien de temps je suis restée ici
A dériver, méditer, rêver, seule sur mon banc la nuit
Tu es venu t'assoir à mes côtés , tout près ,
Avec , au coin des lêves , une cigarette à moitié consumée
Un peu paumé , un brin baroudeur
Le blouson élimé et le regard ravageur
Tu m'as souri en me tendant le paquet
Vous fumez? , ton sourire s'est encore plus étiré
Non, mais avec plaisir , en prenant sa clope entre mes doigts
Tous les deux, côtes à côtes, nous sommes restés là
Sous le ciel, dans la fraicheur , à fumer , à discuter
Sans barrière, sans tabou, en toute liberté
Nous gelant les mains et le reste
En rigolant et en serrant nos vestes
Soudain tu t'es levé , la musique au loin éclatait
Tu m'as pris la main et m'as fait tournoyer
Rock dynamique, tango sensuel et jive joyeux
Pas toujours en rythme mais les yeux dans les yeux
La tête dans les étoiles et le sourire aux lèvres
Le corps en fête et le coeur léger qui s'élève
Nous sommes retombés, essoufflés, heureux
Pour le moral, la musique , il n'y a rien de mieux
Nous avons ri , encore et encore
Grisés par la danse , les soucis par dessus bord
Une autre soirée volée au temps qui passe
Un moment de bonheur avant que l'on trépasse
Une parenthèse avant de retrouver nos vies
Genèse d'une relation qui est déjà finie
Petit clin d'oeil d'une existence trop dure à porter
Souffle d'espoir pour qui est tenté de désespérer .
Eclipse de lune dans la noire nuit
Scintillement de l'astre qui luit
Gardienne de notre sommeil
Qui disparaît quand on s'éveille
