La Soledadita
Aujourd'hui, mon fils a voulu aller seul à l'école
Je l'ai accompagné sur quelques mêtres
Puis je suis rentrée, ayant fini mon rôle
Mes larmes ont glissé le long de mes joues comme la pluie sur la fenêtre
Mon enfant s'émancipe et grandit
Je pleure sur la vie qui avance
Je ne sers plus à grand chose et c'est tant pis
Je pleure sur le temps qui me devance
La vie n'attend personne , elle croît
Mouvement perpétuel qui toujours pousse en avant
Quoi qu'il puisse nous arriver à toi ou à moi
La vie ne s'arrête pas , jamais elle ne se rend
Aujourd'hui, je me sens seule , sans personne
Je feins l'équilibre, je simule le bonheur
Mais mon téléphone trop rarement sonne
Même si à tous j'ouvre mon coeur
Les autres n'ont pas besoin de mon amitié
Ils me tolèrent , mais peu souvent m'écoutent
Ils ont les leurs , et ils sont très occupés
Je suis souvent transparente, on me floute
J'ai tellement l'habitude de ne pas compter
Que cela ne me surprend plus , je subis
Même si ma souffrance est une réalité
Personne n'y prend garde , c'est ainsi
Je pourrais disparaitre, m'éclipser
Sans que personne ne s'en inquiète
Je suis celle qui n'est rien , que l'on peut oublier
Je suis celle qui n'est jamais la reine de la fête
Pas de charisme , ni impact ni influence
Mais une grande gaieté pour compenser
Mes failles et masquer ces absences
Un joli sourire pour cacher que j'ai pleuré
Des blues et des bleus de l'âmes
Des mots pour traduire mes maux
Qui coulent pour apaiser les flammes
Sur le papier , comme un ruisseau
Mais qui franchissent peu ma bouche
Comme arrétés par une barrière
Ils s'accumulent en épaisse couche
Avec un arrière goût d'enfer
Dieu m'a permis d'écrire mais pas de parler
Il m'offre l'émotion de ceux qui s'égarent à me lire
Mais me laisse me débrouiller pour communiquer
A cette tàche je ne suis pas douée , je ne sais pas dire
Alors je galère, je rame, je trime
Inutile et perdue dans la foule
Toute seule au fond de mon abîme
Je danse, je chante , je ris, je me défoule
Même losque je rencontre un amoureux
Il ne l'est pas assez au point d'être fou
Pour bouleverser sa vie pour mes beaux yeux
Et vivre l'aventure sans filet , jusqu'au bout .
Alors je reste seule, dans le silence
Je travaille, je marche, je me débats
Je remplis à ras bord mon existence
Pour oublier la solitude de mon célibat
Toute ma vie , je ressentirai ce vide
Tout au fond de moi, dans mes décombres
Quel que soit l'endroit où je réside
Elle planera sur mon bonheur, cette ombre
Aujourd'hui, j'aurais aimé que tu m'appelles
Etre pour toi plus que l'amante de passage
Sentir que je te manque , au delà du charnel
Et que je peux faire naître le sourire sur ton visage
La beauté et l'ombre, le vent et la lumière, le calme et la tempête . Guadeloupe .
