Pauvreté
Aujourd'hui j'ai beaucoup pleuré sur le monde et sa cruauté
Il y a tant de peine, il y a tant de chaînes
Les humains asservissent les humains
Leurs frères, leurs soeurs , leurs enfants
C'est l'implacable loi du sang
Quand ce n'est pas la guerre, il reste la misère
Les pauvres ont le regard et la bouche fermés
Peu de sourire, presqu'aucune émotion
Au milieu de leur dure vie de privation
L'empathie est un luxe que peu s'autorisent
Il faut abandonner pour flotter
Il faut tuer l'amour pour exister
L'argent dirige, la pauvreté exige
Tant de vies sacrifiées
Tant de larmes et de douleur
Qu'à la fin l'être endurcit son coeur,
Ne plus rien ressentir pour réussir à tenir
Anesthésier l'essence même de l'humanité
Son âme, sa conscience, sa sensibilité,
Devenir comme la pierre , froide et lisse
Pour qu'enfin le mal sur soi glisse
Parvenir à survivre , rester debout
Pour quelques roupis, trois francs six sous
Pour manger, se vétir, vieillir
Briser ses rêves pour ne pas trop souffrir
Avancer, se lever, travailler
En sachant que la propreté, la beauté
C'est pour les autres, ou dans une autre vie.
Les pauvres ont les pieds dans la boue et le coeur en berne
Le regard éteint , l'âme triste et le sourire terne
Ils sont vides de leurs espoirs envolés
Ils s'enfoncent chaque jour un peu plus, désenchantés
De Dieu , ils se sentent abandonnés
Ils traversent seuls leurs existences, oubliés .
Un jour ils meurent, dans l'indifférence
Ils s'envolent, c'est leur délivrance
Puissent leurs âmes gouter le plaisir de la liberté
Et se fondre enfin dans l'amour le plus mérité .
