Partir Partir, encore et toujours Quitter tout
Partir
Partir, encore et toujours
Quitter tout
Sans espoir de retour
Juste le temps de faire son trou
Et hop! Dehors, loin déjà.
Laisser derrière soi
Les amis, les racines tout juste poussées
Pour tout recommencer
Partout étrangère
S'adapter, s'intégrer
Tout trouver,
Les filons, les habitudes
Rechercher, explorer, visiter
S'étonner, s'émerveiller, se plaire
Refaire son nid
En sachant bien sûr,
Qu'il faudra un jour
Partir encore, et toujours
Quitter tout
Sans espoir de retour
Juste le temps de faire son trou
Et hop! Dehors, loin déjà.
Et lutter constamment
Contre ce spleen envahissant
Cette nostalgie de l'avant
Qui se mèle d'empoisonner le présent
Combat de tous les instants
Pour se protéger
Et toujours regarder devant
Pour rester vivant.
Les verbes
ll y a des verbes qu'on rêve de conjuguer
Aimer bien sûr, le plus puissant, le plus tentant,
Garder aussi, le plus fidèle, le plus constant,
Embrasser, le plus riche et le plus vivant.
Il y en a d'autres qu'on aimerait effacer,
Partir, laisser, quitter, sont les plus déchirants,
Mourir, oublier, sont les plus terrifiants,
Souffrir et pleurer ne sont pas les plus terribles,
Haïr et détester sont les deux plus horribles.
Un jour, j'espère avoir soixante ans
Et à mes côtés, un vieil amant
Qui me sussurerait des mots doux
Me ferait des bisous dans le cou
Me tiendrait par la main tout le temps
En me regardant tendrement.
Etre encore désirable pour quelqu'un
Pour un seul, rien qu'un seul, juste un seul
Parcequ'un jour, on n'a plus d'avenir
Il ne reste que de beaux souvenirs
Je préfère quant à moi la vraie vie:
Sourire à celui qui m'a choisie.
Instinct de survie
La vie est une lumière de l'ombre
Qui brille au milieu d'un Tout sombre
Une flamme qui vacille sans s'éteindre
Un souffle, une source, au sein d'un abîme.
La mort est plus facile, il suffit de glisser
Se laisser aller, sans lutter, sans crier
La vie est un jardin qu'il faut défricher
Labourer, nettoyer, arroser et ... admirer.
La mort prend et engloutit. La vie offre.
Si l'arbre est fort, si les fleurs sont belles
Quelle joie d'avoir sué sang et eau pour elles.
On pleure pour appeler la mort, on sourit
Pour faire renaître la vie.
L'instinct de vie, force qui pousse, soutient et réjouit
Puissance du rire, lumière du visage, porte ouverte
Et mains offertes, Qui est "plein de vie" accueille
Et retient naturellement, sans contraindre personne.
Cette chance, ce talent, cette chaleur intérieure et douce,
Elle illumine quiconque la possède et la partage
Et se multiplie au contact amical et fraternel.
Et il n'est point besoin de jouir d'une beauté
Ou d'une santé sans faille pour détenir ce trésor.
Certains, très peu gâtés par la nature ou durement
Eprouvés par l'existence, continuent malgré tout
A rayonner de l'intérieur, tandis que d'autres
S'ingénient à anéantir cette force, la leur et celle de ceux qu'ils cotoient.
Il est presque impossible d'aimer celui ou celle qui refuse qu'on l'aime
Et qui fait tout pour qu'on ne l'aime pas.
On se casse les dents à son contact.
Son unique but est de briser toutes les ailes
Son unique talent celui de détruire
Et de vous entraîner dans son délire.
La seule issue, le seul remède, consiste à écouter
Cette petite voix, parfois si ténue, si fragile,
Qui murmure en chacun de nous et qui ne demande qu'à chanter.
Ce souffle vital, cet éclat, ce vent à la fois doux et violent
Cette toute petite flamme qui fait briller les yeux
Même dans la nuit la plus noire, encore et encore.

